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Dernière mise à jour : 23 févr. 2021

Banksy dit de lui qu’il est l’un des artistes les plus talentueux que la planète ait jamais porté. Quand il est en proie aux doutes, l’artiste Anglais se demande : "que ferait Blek Le Rat à ma place ?"


Blek Le Rat n’est pas un graffeur comme les autres…


Malgré sa nature timorée, il n’a pas peur de s’engager pour les causes qui lui tiennent à cœur.

Quand la journaliste Florence Aubenas est tombée entre les mains des terroristes Irakiens, Blek Le Rat a inondé la ville de Paris de centaines de portraits de soutien. Quand le collectif Vive La Peinture (VLP) a décidé de se battre pour la reconnaissance de l’art urbain, il a répondu présent.

Blek Le Rat est l’un de ces artistes dont le visage est peu familier mais dont les œuvres sont connues de tous. Prêt à entrer dans la taverne de ce rongeur rusé ? Attention, vous n’en sortirez pas indemne…



Une enfance dans un milieu collet monté

En 1951, la famille Prou accueille un petit garçon : Xavier. À ce moment, personne ne se doute que le garçonnet deviendra un jour Blek Le Rat… Il est même fort probable que nul n’aurait pensé que Xavier Prou entamerait une carrière de graffeur.

Sa mère, fille de Diplomate, est une femme gracieuse qui lui apprend à bien se comporter en société. Son père, un architecte avant-gardiste, lui transmettra l’amour du beau, des arts et des cultures étrangères.

En 1972, Xavier Prou marche dans les pas de son père en entamant des études d’architecture à l’école des Beaux-Arts. Pendant son temps libre, il est un habitué de l’atelier de gravure "Lucien Couteaud" et du centre de lithographie "atelier Dayez".

Au bout de quatre ans d’étude, il obtient son Diplôme Supérieur d’Arts Plastiques (DSAP), lequel le pousse à entamer un cursus l'unité pédagogique d'architecture 6 "Paris La Villette".

Sur le papier, le parcours académique de Xavier Prou est indéniablement brillant. Cependant, force est de constater qu’il ne laisse pas transparaître sa métamorphose en Blek Le Rat. Pour remonter aux origines de l’artiste, il faut faire machine arrière en 1971 lors d’un voyage inoubliable dans la cité qui ne dort jamais…


1971 : bienvenue dans la grande pomme

New-York. 1971. Au détour d’une ruelle, Xavier Prou aperçoit une multitude de graffitis. Sauvages, ils ne s’excusent pas d’être là… Engagés, ils dépeignent la réalité de ceux qui les ont dessinés…

Dans le métro, sur les terrains de basket, sur les immeubles des districts, les graffitis dessinés au marqueur s’affichent sans vergogne. Sur ces murs aux mille et un visages, Xavier Prou découvre différentes facettes du graffiti.

Tantôt prenant la forme d’une signature surmontée de couronnes, tantôt se représentant sous forme de lettrages, ces tags transporteront le jeune Xavier Prou dans d’autres univers. Volutes, multicolores, les créations de ces jeunes talents séduisent le jeune Français.

Certes, en 1968, un vent de revendications sociopolitiques avait soufflé sur Paris. Sur les murs de la Ville Lumière, des dessins s’affichaient timidement mais l’effervescence française était loin d’égaler celle des États-Unis.

Le jour où Xavier Prou a croisé ces illustrations, la graine du graffiti a été planté dans son esprit. Elle mettra dix ans à germer…


Photo author : Kevin Collins from Palo Alto, US

Description : Xavier Prou (Blek le Rat) signing his books (November 20, 2011)

1981 : la naissance du collectif Blek


En 1980, Xavier Prou est rompu aux techniques d’architecture. Grâce à son cursus et à des formations complémentaires, il maîtrise aussi bien les techniques de l’eau-forte que la lithographie et la sérigraphie.

Au cours de cette année, il décide d’aider l’un de ses amis proches, Gérard, à gérer un terrain d’aventure à destination des enfants. Fascinés par la peinture, les bambins amenaient régulièrement des pots de peinture sur le site, pour le plus grand bonheur des organisateurs.

À chacun de leurs passages, les murs arboraient un nouveau visage. Comme s’il s’était agi d’un cycle éternel, les graphiques allaient et venaient au rythme des envies des tout-petits. Spectateurs de la scène, Gérard et Xavier se rappelèrent de leur amour du graffiti…

En 1981, les deux amis décidèrent de passer à l’action. Leur cible ? Un immeuble en ruines du 14e arrondissement, rue des Thermopyles. Ce fût un échec retentissant. Loin de baisser les bras, Xavier Prou eût une idée : se servir d’un pochoir pour exprimer leur art.

Une fois la technique trouvée, le duo de fripons décida de se donner un nom : Blek, en hommage à un protagoniste de la série Blek Le roc.

Pendant deux ans, les deux amis peignent des fresques sur les murs des 14e et 18e arrondissements. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin.


1983 : Blek Le Rat prend son envol

Suite à des événements indépendants de sa volonté, Gérard quitte le groupe. Resté seul, Xavier Prou se donne le surnom qui lui colle encore à la peau aujourd’hui : Blek Le Rat.

Pour rester motivé, le jeune artiste se lance un défi : créer un homme grandeur nature.

En mars 1983, le journal Libération lui sert un modèle sur un plateau. À la une du journal, figure un vieil Irlandais portant un béret se dresse droit comme un piquet. L’énergie qui émane de lui convint immédiatement Blek Le Rat. Il le reproduira sur les murs d’une dizaine de villes françaises.

Buster Keaton, Charlot le vieux… Médias et populations l’affublent de surnoms tous plus originaux les uns que les autres.

Ravi par ce succès, Blek Le Rat créera d’autres personnages emblématiques tels que Tom Waits, le garçon en culotte courte, Andy Warhol et la femme en porte-jarretelles. Il reprendra aussi des œuvres célèbres telles que la Vénus de Milo.

En 1984, il est ravi de trouver les graffitis de Marie Rouffet et de Surface Active à côté des siens. Un mouvement est en train de naître…


De 1991 à aujourd’hui : les montages russes de l’artiste

Été 1991. Alors qu’il peint au pochoir sur l’un des murs des Champs-Élysées, Blek Le Rat est arrêté par la police municipale. Poursuivi en justice, il sera coupable de dégradation de biens appartenant à autrui et devra payer une amende considérable.

Blessé dans sa chair, l’artiste décide de ne plus peindre à même les murs. À compter de cette date, Blek Le Rat peindra sur des affiches, lesquelles seront ensuite appliquées au mur. Pire encore… Il cesse d’exposer dans les galeries jusqu’en 2001.

Pour ses fans, c’est le choc. En effet, nombreux étaient ceux qui prenaient plaisir à admirer les œuvres de Blek Le Rat lors d’expositions.

Avant son arrestation, le graffeur avait été mis en avant dans la galerie Loft, la galerie "Jean Paul Christophe" puis à la galerie Sanguine. En 1985, il avait pris part au premier rassemblement de graffiti et d’art urbain aux côtés d’autres grands noms du street art tels que Miss.Tic et Futura 200.

À compter de 2001, Xavier Prou remonte en selle. Dès lors, il expose à la galerie Jurgen Grosse (Berlin) et est mis en avant dans le musée du Graffiti à Paris, L'Aérosol, Maquis-art Hall of Fame13 et à l'exposition "Conquête urbaine" au Musée des Beaux-Arts de Calais en 2019.

Citoyen du monde, Blek Le Rat a laissé ses empreintes dans de nombreux pays. Peut-être tomberez-vous sur l’un de ses graffitis lors de votre prochain voyage à Berlin…

 
 
  • 9 févr. 2021
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 févr. 2021

Un voyage à Paris serait-il complet sans un passage sur le Pont des Arts? Depuis des décennies, les amoureux de tous bords profitent de leur passage dans la Ville Lumière pour sceller les liens qui les unissent.


Sur un cadenas, ils inscrivent leurs noms avant de jeter la clé dans les eaux ondulant en dessous.

Sur un cadenas métallique, les tourtereaux vont graver leur prénom. Main dans la main, ils fixent alors l’objet sur les grilles de la barricade. Afin d’être sûrs que rien ni personne ne viendra compromettre leurs intentions, ils envoient la clé dans les profondeurs fluviales.

Dans les grandes villes telles que Paris ou Rome, la tradition des cadenas d’amour est désormais bien implantée. Paradoxalement, peu de ses adeptes sont en mesure de dire quand tout cela a commencé…


Découvrez lors de vos promenades dans Paris les fameux "Mr Cute Love Padlocks" !

Les origines du cadenas d’amour

Les systèmes d’antivol n’ont pas toujours été associés à l’amour fusionnel. De fait, il fût une période où les cadenas ne servaient qu’à sceller des voies d’entrée.

Pour retrouver les origines du cadenas d’amour, il faut se rendre en Serbie, plus précisément à Vrnjacka Banja, dans le district de Raška. Dans ce village qui semble tout droit sorti d’un des poèmes d’Isidora Sekulić, les amoureux ont une façon bien particulière d’implorer l’aide des dieux…

Depuis des siècles, les fiancés se rendent sur le pont annexe à la cité, le Most Ljubavi, pour y sceller leur amour. Sur un cadenas, ils inscrivent leurs noms avant de jeter la clé dans les eaux ondulant en dessous.

D’après de nombreux auteurs, le pont Most Ljubavi serait le lieu de naissance de la tradition des cadenas d’amour. Popularisée par le texte Molitva za ljubav de la poétesse Desanka Maksimovic, cette pratique est désormais connue de tous.

En Europe de l’ouest, il faudra attendre le XXe siècle pour que le phénomène prenne véritablement de l’ampleur.


Malheureusement, rares sont les communes qui voient le rituel du cadenas d’amour d’un bon œil…

En 1992, l’Italien Federico Moccia décrit ce ballet amoureux dans un ouvrage intitulé Trois mètres au-dessus du ciel. Adapté pour la télévision en 2004, il mettra en lumière cette pratique romantique qui fait les beaux jours des amoureux du Pont Milvius. Deux ans plus tard, son deuxième roman J'ai envie de toi (Ho voglia di te) immortalisera à jamais ce phénomène.

Seulement voilà… Rares sont les hypothèses qui font l’unanimité. La genèse des cadenas d’amour ne fait pas exception à la règle.

Pour une partie de tranche de la population, les cadenas d’amour sont nés dans les années 1980 à Pecs, en Hongrie. Dans cette bourgade, la cathédrale n’est distante de la mosquée locale que de quelques mètres. Entre les deux édifices religieux, se trouve une grille de fer sur laquelle pullulent des cadenas d’amour.

Une autre assomption serait que la tradition serait originaire de Cologne, en Allemagne. À quelques pas de la gare, le pont Hohenzollern enjambe le Rhin. Sur ces barreaux en fer forgé, le passant peut apercevoir des centaines de cadenas dont les clés reposent au fond du fleuve…


Mr Cute Love padlock "Roméo & Juliette"

Mode d’emploi du cadenas d’amour

Séduit par le concept ? Désireux d’avoir votre propre cadenas d’amour ? Consacrer les liens qui vous unissent est un vrai jeu d’enfant d’autant plus que rien ne vous oblige à vous rendre à Paris.

Bien que le Pont des Arts (Paris, France), le Pont Milvius (Rome, Italie) et le pont de Luzhkov (Moscou, Russie) soient adulés par les amoureux, rien ne vous oblige à vous y rendre. De fait, il est possible d’accrocher un cadenas d’amour sur un arbre, un réverbère ou dans n’importe quel lieu qui revêt une importance pour votre couple.

Une fois le lieu trouvé, il est temps de passer à la deuxième étape : trouver le cadenas idéal.

Là encore, nul besoin de chercher midi à quatorze heures. Les cadenas qui ont fait la réputation du Pont des Arts sont aisément trouvables dans les quincailleries. Pour une somme modique, vous pourrez y faire graver vos prénoms et peut-être une date particulière (rencontre, mariage, etc.).

Vous n’avez plus qu’à passer l’anse du cadenas autour d’un barreau et à la refermer. D’un geste décidé, jetez la clé dans le fleuve le plus proche en tenant votre moitié par la main. Désormais, votre couple est prêt à faire face à toutes les situations. Votre cadenas d’amour ne bougera pas d’un pouce à moins que les autorités administratives n’en décident autrement…


Cadenas d’amour et municipalités : un bras de fer qui s’éternise

Malheureusement, rares sont les communes qui voient le rituel du cadenas d’amour d’un bon œil… Pour les amoureux, ce n’est qu’une pratique sans danger et particulièrement romantique. Pour les municipalités, c’est une épée de Damoclès qui met à mal l’intégrité des biens publics.


Paris : la ville de l’amour mais pas que…

Bien que la capitale française ne soit pas à l’origine de cette tradition, elle est rapidement devenue l’épicentre de ce phénomène. À compter de 2008, le Pont des Arts se pare de multiples cadenas sur lesquels figurent les prénoms des amoureux transis. Par la suite, le pont de l’archevêché et la passerelle Simone-de-Beauvoir sont aussi touchés par le phénomène.

Malheureusement, pour les infrastructures, porter le poids de tous ces éléments n’est pas de tout repos… Le 4 juin 2014, sous l’effet de toute cette masse, un pan entier de la grille tombe, manquant de blesser les touristes et les badauds.

Suite à cet incident, la mairie de Paris prend les taureaux par les cornes. En début 2015, elle retire toutes les grilles portant les cadenas d’amour et les remplace par des panneaux en verre. En tout, ce ne sont pas moins de 70 tonnes qui sont ainsi retirés. Pour les amoureux, c’est la douche froide…

À noter que les grilles du Pont des Arts ont été vendues aux enchères le 13 mai 2017. En tout, elles ont rapporté 250 000 €, lesquels ont été reversés aux associations Solipam, l'Armée du Salut et Emmaüs Solidarité.

Néanmoins, cette opération n’a pas découragé les tourtereaux. Désormais, c’est sur le Pont Neuf que les couples immortalisent leurs liens au grand dam de la municipalité. Peut-être cette dernière gagnerait-elle à s’inspirer des stratégies russes…



Moscou : la capitale des arbres d’amour

Pour préserver le patrimoine national sans pour autant entraver la fougue des amoureux, l’administration russe a eût une idée de génie.

Sur le pont Loujkov, la mairie a installé des arbres métalliques afin d’accueillir les cadenas de l’amour. Ce faisant, les grilles du pont n’ont pas à jouer ce rôle. Sur le plan esthétique, les arbres d’amour sont très vite devenus des attractions à part entière.

Très vite, cette stratégie a été adoptée par d’autres pays. En Italie, le maire Walter Veltroni rend illégal l’accrochage de cadenas d’amour sur les biens publics. Ceux qui ne respectent pas la loi sont contraints à payer une amende de 50 €.

Cependant, afin que les amoureux ne soient pas désemparés, la ville installa des poteaux sur lesquels ils peuvent accrocher leurs cadenas.

 
 
  • 30 janv. 2021
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 févr. 2021


Depuis des siècles, les artistes engagés nous rappellent que l'art ne saurait être réduit à une simple vocation esthétique. Qu'ils soient peintres, sculpteurs, plasticiens, street artists, acteurs ou même écrivains, les artistes de ce monde ont toujours eu de cesse d'utiliser leur art, leur notoriété, et leur support de prédilection pour exprimer la voix du peuple, faire passer un message, prendre part au débat sur le rôle de l'être humain dans la société. Bref, pour s'engager dans des causes qui leur semblent justes et nécessaires.

"Aimer tue ! " Mr Cute

Ainsi, à travers leur art, les Niki de Saint-Phalle, les Picasso, les Jean de la Fontaine, les Banksy, les Miss Tic et bien d'autres, nous poussent à réfléchir sur nous-même, la place que nous occupons dans ce monde, mais aussi le rôle que nous avons à y jouer. Dans la lignée de ces artistes engagés et ô combien talentueux qui cherchent à bouleverser l'ordre établi, le duo d'artistes plasticiens Mr Cute se plaît à explorer des thèmes qui l'interpellent particulièrement, avec des créations drôles, colorées, mais aussi volontairement provocantes.


La violence faite aux femmes, la lutte contre les discriminations, la pédophilie, les maladies orphelines (dont souffre l'un des deux membres du duo), les sujets ne manquent pas pour les deux frères et artistes, particulièrement sensibles à la question du « vivre pleinement et sans regret », comme ils aiment eux-mêmes à le rappeler.


Alors, quelle est la place de l'art engagé dans la société d'aujourd'hui ? Et comment Mr Cute s'inscrit-il dans ce courant qui dénonce, provoque, et parfois transgresse pour la bonne cause ?


L'ART ENGAGÉ, À TRAVERS LES ÂGES.


Qu'on le veuille ou non, l'art a toujours été le vecteur des émotions, des pensées et des prises de position personnelles de l'artiste. À travers son œuvre – un roman, une peinture, une sculpture, un graffiti, une pièce de théâtre, une photographie, … – l'artiste s'exprime, dénonce, amuse, provoque, choque aussi. Quoi qu'il en soit, il ne se positionne plus comme simple spectateur du monde qui nous entoure, mais comme porte-parole d'une cause qui lui tient à cœur. Il s'interroge, pour que nous nous interrogions. Il dénonce, pour que nous dénoncions. Il s'engage, pour que nous nous engagions à notre tour.


L'art, indispensable aux progrès de la société, est donc un formidable moyen de bouleverser l'ordre naturel des choses, pour nous mettre face à nos propres contradictions et faire avancer le monde dans la bonne direction.


Dès l'Antiquité grecque, les dramaturges Sophocle et Euripide s'interrogeaient, à travers leurs pièces de théâtre, sur la place de l'homme dans la société. Au fil des siècles, des pouvoirs politiques, des guerres, et des avancées de la société, l'art engagé a pris de plus de sens, en se saisissant d'une cause, d'une idéologie, ou encore d'un sujet d'actualité pour s'exprimer et s'insurger. Ce fut Jean de la Fontaine, par exemple, qui a travers ses fables « enfantines », dénonce la société corrompue autour du Roi Louis XIV ; ou encore Victor Hugo, fervent défenseur des libertés individuelles, qui s'oppose ouvertement, dans des ouvrages comme Napoléon Le Petit, Les Châtiments, ou encore Le Dernier Jour d'un Condamné – pour ne citer que ceux-là, à l'empereur Napoléon III et à la peine de mort encore en vigueur.


La guerre, justement, expression de la dictature des puissants et de l'oppression des peuples ; de nombreux artistes engagés se sont servi de leur plume, de leur voix, ou de leur pinceau pour en dénoncer les horreurs. Dans Les joueurs de skat, La Guerre, ou encore Les Gueules Cassées, qui représentent des figures mutilées et ravagées par la guerre, le peintre allemand Otto Dix utilise son art comme un moyen de dénonciation, mais aussi un exutoire. Lui-même a été traumatisé par ce qu'il a vécu dans les tranchées. Picasso, de son côté, dans Guernica, nous livre une critique acerbe de la violence faite aux peuples et des dictatures européennes.


Plus récemment, l'art engagé s'exprime également à travers de nouvelles formes, plus modernes, dont les arts plastiques et le street art font partie. Qu'il s'agisse des objets du quotidien ou des figures-clés de la société, avec Andy Warhol, Niki de Saint-Phalle, et Mr Cute, ou encore de l'espace public, et des murs des grandes villes du monde, avec Banksy, Shepard Fairey, Combo, ou Miss Tic, tous prennent désormais vie entre les mains d'artistes qui n'ont pas froid aux yeux pour dénoncer les injustices de ce monde. De la société de consommation au pouvoir absolu de la politique, en passant par les discriminations de genre, le racisme, l'homophobie, les violences faites aux femmes, la faim dans le monde, ou encore le respect de l'environnement, les sujets d'indignation sont nombreux et variés.


FAUT-IL SÉPARER L'HOMME DE L'ARTISTE ?


Mickael Jackson, Roman Polanski, Woody Allen, Harvey Weinstein, ..., à chaque scandale mettant en lumière les comportements déviants des grands de ce monde, la question revient : peut-on véritablement continuer à apprécier les films/disques produits par ces individus coupables – ou soupçonnés – de faits légalement et moralement répréhensibles ? L’œuvre échappe-t-elle aux polémiques générées par son créateur ? En d'autres termes, l’œuvre est-elle capable de dépasser l'artiste pour entre dans une dimension supérieure ?


La tentation est grande d'évincer définitivement les éléments « perturbateurs » de la vie publique, tant les faits reprochés semblent contraire aux valeurs éthiques et morales de la société actuelle. Les boycotter, c'est s'indigner, c'est refuser de cautionner et de nourrir un modèle patriarcal qui voit la femme et/ou l'enfant comme un objet de désir sexuel. Après tout, consommer la création de ces individus au comportement condamnable, n'est-ce pas être partie prenante ? Lorsque que nous nous surprenons à danser et/ou chanter sur Beat it ou Thriller de Mickael Jackson, sommes-nous complice des actes immoraux de la pop-star américaine?


Et pourtant, si la question de la relation entre l’œuvre et l'artiste se pose, c'est que la réponse est loin d'être évidente. Malgré les actes de son réalisateur, Le Pianiste n'en reste-t-il pas moins un chef d’œuvre du cinéma contemporain ? D'un point de vue purement artistique, ne peut-on pas considérer la création en tant que telle, libre et puissante, plutôt que de l'associer systématiquement à la personne qui en est à l'origine ?


Ce débat sans fin – et certainement sans réponse –, Mr Cute s'en saisit avec brio. Sans cautionner ni prendre parti, le duo d'artistes plasticiens détourne, à sa façon, l'image iconique du Roi de la Pop pour dénoncer les violences faites aux enfants et la pédophilie. Drôle, un poil provocant, le résultat est une série de panneaux « sens interdit », colorés et relookés dans l'esprit street art, représentant Mickael Jackson avec une inscription grinçante « Attention ! Ne mets pas tes mains dans Mickael, tu risques de te faire pincer très fort », directement inspirée des avertissements bien connu du métro parisien.


ET DIEU CRÉA LA FEMME...


Les violences faites aux enfants ne sont pas le seul cheval de bataille du duo Mr Cute. Parfaitement conscient des inégalités de genres encore présentes dans la société, les deux artistes se sont également engagés dans le mouvement en faveur des femmes, à travers des campagnes d'affichage sauvage régulières dans les grandes villes du monde entier.


Il n'est pas rare de voir des artistes de tous horizons dénoncer les inégalités hommes-femmes persistantes, la vision simpliste de la femme comme objet sexuel, et la société patriarcale qui subsiste encore de nos jours dans notre société. Citons, entre autres, l'illustre Niki de Saint-Phalle, et ses créations ouvertement féministes, Miss Tic, pionnière du street art en France, et ses représentations de la femme fatale sur les murs de Paris, Panmela Castro, graffeuse brésilienne qui a fait sienne la devise « Women's rights are human rights », ou encore Lady Aiko, promesse du street art japonais, dont les œuvres mettent à l'honneur des femmes libres, puissantes, et glamour. Cela dit, alors que l'immense majorité des artistes défendant les droits des femmes sont, elles-même, des femmes, le mouvement artistique actuel en faveur des femmes manque cruellement de représentants masculins. Dans ce cadre, Mr Cute s'impose comme l'un des rares duos d'artistes masculins à prôner ouvertement l'émancipation et la liberté pour les femmes.


Pour cela, ils mettent à l'honneur des personnalités féminines fortes et influentes, plus ou moins connues et/ou médiatisées, parmi lesquelles Wangari Maathai, surnommée « la femme qui plantait des arbres », 1ère femme noire africaine à recevoir le Prix Nobel de la Paix (2004) et figure-clé du mouvement écoféministe au Kenya. Les deux frères rendent également hommage à la femme moderne, libre, affranchie, et indépendante, à travers une série d'affichages intitulée « Ni Dieu, Ni Mec».


Mais le combat pour les femmes de Mr Cute ne s'arrête pas là. Ainsi, dans une campagne d'affichage sauvage organisée à l'occasion du premier confinement, le duo de plasticiens n'hésite pas à dénoncer les violences faites aux femmes en placardant des panneaux et des cadenas dans les rues de Paris, à l'effigie d'un couple d'artistes tristement célèbre, Marie Trintignant et Bertrand Cantat. L'inscription « Loving Kills » ou « Aimer Tue » qui accompagne les œuvres fait évidemment allusion à l'assassinat de l'actrice par son compagnon en 2003.

L'explosion des violences intrafamiliale sont intolérable et insupportable ! Mr Cute

LES OPÉRATIONS CADENAS, SYMBOLE DES CAUSES JUSTES


Les causes à dénoncer et/ou pour lesquelles s'indigner sont nombreuses, et Mr Cute le sait. Outre leur engagement contre la pédophilie et les violences faites aux femmes, les deux frères s'unissent également à d'autres (nobles) causes, chères à leurs yeux.


Ainsi, sur le modèle des cadenas exposés sur les ponts de Paris, dénonçant le triste pouvoir de l'amour (Loving Kills), le duo d'artistes se plaît, au gré de ses voyages, à disséminer des cadenas grand format dans les rues des villes qu'ils traversent – Luxembourg, Madrid, Paris, Rennes, …. Des créations hautes en couleur, ornées de la signature pop-art caractéristique de Mr Cute, qui dénoncent sans tabou les injustices de ce monde, s'insurgent contre des faits d'actualité, ou encore mettent à l'honneur des causes justes et nécessaires.



C'est le cas, notamment, de l'opération cadenas réalisée en hommage à l'activiste homosexuel camerounais Roger Jean-Claude Mbede, condamné pour son orientation sexuelle et mort suite aux conditions de détention désastreuses, dans un pays où l'homosexualité est un délit passible de prison. L'art engagé, ici, prend encore plus de sens pour dénoncer les visions arriéristes de la société et tenter de bouleverser l'ordre établi.


Autre cause chère au cœur de Mr Cute, le soutien à la recherche pour les pathologies orphelines, et notamment la leucodystrophie – une maladie dégénérative, progressivement invalidante, dont souffre l'un des membres du duo. Là encore, les deux frères se sont lancés dans une campagne d'accrochage de cadenas grand format à l'effigie de Zinedine Zidane, le parrain d'honneur de l'association ELA qui lutte contre la leucodystrophie. Nouvelle preuve, s'il en est, que les artistes engagés ont bien un rôle à jouer pour faire de la société un monde meilleur.



 
 
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