SCARFACE, les secrets d’un film culte !

Visage balafré, tenues bling-bling et langage ordurier, Tony Montana est une sorte d’anti-héros reconnaissable entre mille. Scarface raconte l’histoire de cet ex-prisonnier cubain, réfugié aux États-Unis, prêt à tout pour réaliser son rêve américain. Avec violence. Avec vengeance. Et sans pitié.

« les mains faites pour l’or, et elles sont dans la merde ! »

Lors de sa sortie, le 9 décembre 1983, le film croule sous les critiques négatives. Jugé trop brutal et trop injurieux par les journalistes, il réussit tout de même à trouver son public.


Les années passent et changent la donne. De plus en plus, il apparaît comme une référence de la culture pop. Tony Montana devient une icône, un exemple de volonté et de réussite.

Dans le hip-hop, le rap, les jeux vidéos, l’art… Les références à Scarface se multiplient.

D’abord boudé puis encensé, il se place en 105ème position dans le fameux « Top 250 des meilleurs films de tous les temps » du site Internet Movie Database.

Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur ce film devenu culte !


Il était une fois...

Le Scarface de 1983 est un remake du long-métrage éponyme de 1932, réalisé par Howard Hawks (lui-même adapté librement d’un roman de Armitage Trail).

Cette première version racontait l’histoire d’un mafieux, trafiquant d’alcool à Chicago pendant la Prohibition. L’allusion à Al Capone, surnommé Scarface en raison de sa cicatrice à la joue gauche, était à peine déguisée.


Quelques changements

Sidney Lumet est le premier réalisateur à s’intéresser au projet. Il a l’idée de transposer l’action à Miami, et de modifier l’origine des personnages. Mais finalement il préfère renoncer en raison du script, trop violent à son goût. Brian De Palma, lui, est conquis. Il quitte alors le tournage de Flashdance pour réaliser Scarface.


Le scénario

L’écriture est confiée à Oliver Stone, qui s’installe dans un premier temps à Miami pour s’imprégner de la ville et y faire quelques recherches.

Mais il est lui-même dépendant à la cocaïne, et l’endroit ne lui convient pas.

« Non seulement je blessais mes proches, mais j’en étais à un point où ma santé mentale était sur le point de vaciller. » reconnait-il. C’est à Paris qu’il décide de s’installer pour écrire le scénario (totalement clean !).


Le pitch

Petit malfrat exilé, Antonio Montana, dit « Tony », arrive à Miami au début des 80’s. Accompagné de son meilleur ami Manolo Ribera, appelé « Manny », il devient rapidement le bras droit d’un baron de la drogue.

Ambitieux, revanchard, il crée sa propre organisation et se construit un empire.

Mais sa chute sera aussi vertigineuse que son ascension.


Les secrets du casting

Dénicher les perles rares pour incarner les rôles titres n’est pas toujours chose facile. Scarface n’échappe pas à la règle. Mais le résultat est magistral !


Tony Montana

Après avoir incarné l’élégant et stoïque Michael Corleone dans la saga du Parrain, Al Pacino accepte ce nouveau rôle décliné par Robert de Niro et Sylvester Stallone. Il change alors totalement de style pour incarner Tony Montana.

Son interprétation d’une puissance impressionnante reste l’une des performances d’acteur les plus marquantes du cinéma.


Le film est nommé 3 fois aux Golden Globes en 1984

Manny Ribera

À l’origine, c’est John Travolta qui doit jouer Manny, le meilleur ami et bras droit de Tony. Cependant, l’audition de Steven Bauer bluffe tellement les producteurs que c’est lui qui décroche le rôle.

Paradoxalement, il est le seul acteur d’origine cubaine à jouer dans le film.



Elvira Hancock

Pas moins de 7 actrices ont été sollicitées pour jouer la femme de Tony (parmi elles : Kim Basinger, Jodie Foster, Mélanie Griffith…). Mais toutes refusent, jugeant le rôle trop sexiste.

À l’inverse, d’autres comédiennes comme Sharon Stone ou Carrie Fisher souhaitent obtenir la place et auditionnent. Sans succès !

C’est finalement Michelle Pfeiffer qui est imposée au réalisateur par le producteur Martin Bregman.


Un tournage et une sortie mouvementés

Welcome to Miami… mais à Los Angeles !

La version officielle raconte que la ville de Miami a refusé que le tournage se déroule dans ses rues. L’Office de Tourisme redoutait que la mauvaise réputation de la ville dans le film ne fasse fuir les touristes.

Une autre version justifie le choix des producteurs de tourner dans la Cité des Anges pour des raisons budgétaires et de sécurité. Ils craignaient les réactions de la communauté cubaine fortement représentée à Miami, surnommée « la petite Havane ».


Pour éviter les problèmes et calmer les esprits, certaines rues de Miami ont donc été reconstituées à Los Angeles.


Interdit aux moins de 17 ans

Scarface est d’abord classé X par la MPAA (association des professionnels du cinéma). Interdit aux jeunes de moins de 18 ans, on lui reproche sa violence gratuite et la consommation de drogue très présente à l’écran.


Brian De Palma remonte son film plusieurs fois pour mieux le défendre. Le producteur monte aussi au créneau et demande l’avis d’un panel d’experts.

Parmi eux se trouvent des spécialistes du trafic de drogue, qui estiment que la violence n’est pas gratuite. Selon eux, elle est même tout à fait conforme à la réalité de ce milieu.

Le film n’est plus “X” mais devient “R” : interdit aux mineurs de moins de 17 ans, non accompagnés.


« Say hello to my little friend »

Voilà l’une des phrases les plus cultes de Scarface. Elle est prononcée par Tony Montana dans la scène finale, juste avant l’impressionnante et ultime fusillade qui lui coûte la vie.


Lors de l’enregistrement de cette séquence, alors qu’il saisit une arme venant de servir, Al Pacino se brûle la main sur la crosse. Un arrêt de 2 semaines est nécessaire. Mais son cri de douleur a été gardé au montage !


Brian De Palma a reçu un soutien inattendu pour ce ballet de tirs réglé au millimètre.

Venu sur le plateau pour le saluer, son grand ami Steven Spielberg n’a pas résisté et s’est emparé d’une caméra. Au milieu des autres cadreurs, il a ainsi aidé à fixer sur pellicule un grand moment de cinéma.

Mais ce ne sont pas là les seules anecdotes qui pimentent les coulisses de Scarface !


Un bel hommage rendu à Scarface réalisé par MR CUTE

(Pochoir sur pains de drogue / cf www.mr-cute.com)


Bonus

Bien qu’il soit d’origine cubaine, le personnage d’Antonio Montana ne dit qu’une seule phrase en espagnol, pourtant sa langue maternelle !

Par contre, ce long-métrage ne compte pas moins de 218 “fuck” (source Première), dont 182 sortent de la bouche de Tony. Et ce n’est pas le seul juron entendu dans les dialogues !

Avec 42 cadavres au compteur, il y a peu de place pour la poésie…


Lors de l’avant-première, Dustin Hoffman se serait endormi, tandis que John Irving aurait quitté la salle, écœuré par ce déferlement de violence.

Martin Scorsese, présent lui aussi, aurait glissé à Steven Bauer : « Les gars, vous êtes superbes, mais il faut vous préparer parce qu'ils vont le détester à Hollywood ». Il avait vu juste...

Pourtant, avec un budget de 25 millions, Scarface a rapporté près de 70 millions de dollars de recettes mondiales.


Le film est nommé 3 fois aux Golden Globes en 1984, (meilleur acteur pour Al Pacino, meilleur acteur dans un second rôle pour Steven Bauer et meilleure musique pour Giorgio Moroder). Mais c’est aux Razzie Awards qu’il reçoit une “récompense” pour le pire réalisateur…


Un mystère bien entretenu

La drogue tient l’un des rôles principaux dans ce long-métrage. Or, la poudre de lait ne rendait pas l’effet visuel escompté pour ressembler parfaitement à de la cocaïne.

Aujourd’hui encore, seuls Brian De Palma et Al Pacino sont les seuls à savoir quel produit a été réellement utilisé... Et ils refusent toujours de le dévoiler !


Comment ce film noir, iconique des années 80, est-il devenu culte ? C’est sans aucun doute Al Pacino qui l’explique le mieux :

« À l’époque, l’avidité était en vogue, avec Wall Street notamment, et je pense que Scarface représente un peu ça. Tony Montana est un grand personnage, un personnage qui ose faire n’importe quoi, qui vole comme un Phénix, comme Icare, près du soleil ».
(source : FilmsActu)

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