On amène la rue jusqu'à vous

Dernière mise à jour : juil. 30

Récupérer, Réutiliser, Créer...


Controversé, souvent regardé de haut, l’art de la rue a longtemps été pointé du doigt. Avant d’être reconnu à sa juste valeur, ce moyen d’expression en aura vu des vertes et des pas mûres. Et pourtant, comme nombre de courants, c’est l’amour qui a écrit le premier mot de son histoire…

Philadelphie. 1960. Sur des pans de mur éméchés, un message : Cornbread Loves Cynthia. À l’origine de ce graffiti, Cornbread, un artiste incroyablement talentueux mais souffrant d’une timidité monstrueuse. Aidé de son comparse Cool Earl, il s’évertue à déclarer à sa belle Cynthia sans pour autant se dévoiler.


Ces artistes qui récupèrent des objets dans la rue pour en faire des œuvres d’art

Dans la rue, chaque jour, des centaines de personnes laissent un bout d’eux-mêmes. Un bouton qui se dégrafe… Un nœud qui se détache et tombe à même le sol… Un téléphone qui finit dans une benne à ordures… Chaque être humain laisse son empreinte dans l’espace qu’il traverse.

Pour certains artistes, ce phénomène est une vraie mine d’or. Adeptes du détournement d’objets, ils collectent ces babioles et les métamorphosent en véritables œuvres d’art. Entre leurs mains, ce qui n’était qu’un objet sans intérêt devient un bijou, une sculpture ou un tableau en relief.


Du panneau de signalisation à la boite aux lettres, Tout se récupère !

Jamais personne n’aurait pensé un jour avoir chez lui un panneau de sens interdit ou une brique prise dans la rue. Il est maintenant possible d’avoir une partie de rue chez soi : la rue vient à nous.











Vincent Duchêne :

Le fameux Jerrycan de Vincent Duchêne.

Cette sculpture en acrylique et résine est faite à partir d’un jerrycan d’essence.

Vincent DUCHENE est un Sculpteur et créateur français. L’artiste s’approprie des objets de la vie courante pour les détourner et les transformer afin de créer des œuvres contemporaines dans le but de dénoncer la production de masse.










Mr Cute :

Le duo de frères Mr Cute à travers l’œuvre se pose la question de savoir s’il faut séparer l’homme de l’artiste lors d’un accrochage dans Paris. "Ne mets pas tes mains dans Mickael !" Il s’agit de leur première œuvre 100% street art sur un vrai panneau de signalisation. Cette œuvre glacée et originale de 56 cm est réalisée sur un vrai panneau.











Nik Gentry :

Nostalgique des débuts de l’informatique, l’artiste Britannique Nik Gentry s’est spécialisé dans la récupération des disquettes. Prémices des clés USB, ces supports de stockage bénéficient d’une nouvelle vie grâce à Nik Gentry.

Jouant sur les couleurs et les formes, le créateur est en mesure de concevoir des portraits d’un réalisme à couper le souffle. Outre les disquettes, l’artiste a fréquemment recours aux pellicules de film, aux cassettes VHS et même aux films radio. Son appétence pour les anciens matériels informatiques apporte un cachet particulier à chacune de ses créations.












Zenoy :

La poutre de la Tour Eiffel ou le pavé parisien rose sont deux des nombreuses créations de l’artiste Zenoy. Le graffeur Zenoy a marqué le paysage urbain, en taguant son nom sur les métros, murs, boites aux lettres. C’est ainsi qu’il se fait une place dans le milieu artistique. L’artiste intègre par la suite de nombreuses galeries qui lui donnent l’occasion de réaliser de nombreuses collaborations.


Ces artistes qui ont troqué la rue pour les galeries d’art

À leurs débuts, rares étaient les artistes de rue qui auraient eu le courage de pousser la porte d’une galerie d’art. Depuis, les choses ont changé… Devenu extrêmement tendance, le marché du street art s’embourgeoise et devient extrêmement lucratif.


Comme Zenoy, l’un des exemples les plus frappants, c’est le succès commercial de Kaws. Né le 4 novembre 1974 à New-Jersey, aux États-Unis, celui qui réalisait des graffitis dans la rue est aujourd’hui un homme fortuné. Entre jouets pour adultes et reprises d’icônes populaires, ces créations se vendent comme des petits pains.

En 2019, ArtPrice, une galerie d’art que l’on ne présente plus, a écoulé 712 de ses œuvres. En avril 2020, un de ses tableaux s’est vendu à 13,3 millions d’euros. En dépit d’un prix de vente individuel de 836 000 dollars USD, sa collection de figurines s’est écoulée en à peine quelques heures.

Uniqlo, Nike, Comme des garçons, … Même les plus grandes marques n’ont pas pu résister au coup de pinceau du créateur Américain.

Révolue est l’époque où les galeries d’art fermaient leurs portes au monde de la rue. Aujourd’hui, ces artistes contemporains sont les chouchous des collectionneurs.