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Dernière mise à jour : 18 mars 2021


Le mercredi 2 septembre 1987, TF1 lance sa première émission jeunesse en direct. Le

stress est palpable en coulisses. La bande-son démarre alors que l’animatrice vedette,

Dorothée, n’est pas arrivée sur scène. “C’est du direct ! “.

Fraîchement débauchée d’Antenne 2, celle qui deviendra l’idole de toute une génération

improvise et reprend l'émission en mains.

C’est ainsi que commence l’incroyable aventure du Club Dorothée, qui durera 10 ans.

Chaque semaine, ce sont des heures et des heures d’émission pour des records d’audience

à ce jour jamais égalés.

Avant l’école, après l’école, le mercredi, le samedi, le dimanche… Impossible d’y échapper.


Le Club Do’ est partout.

Aujourd’hui encore le Club Dorothée compte de nombreux fans. Quel quarantenaire ne se

souvient pas avec nostalgie de ces après-midis passés devant le petit écran ? Qui peut

résister à l’envie de chanter les génériques de Capitaine Flam ou Bioman ?

Alors ? Prêt pour un petit retour en enfance?


« C’est toujours les vacances au Club Dorothée »

Et pourtant, il y a du monde qui travaille, dans les studios de la Plaine Saint-Denis !

Pendant la période la plus faste, ce sont près de 3 000 personnes qui s’affairent pour monter

un programme de qualité.


Le Club des 5


Dorothée

Dorothée, pseudonyme de Frédérique Hoschedé, est une jeune actrice, repérée en 1978

par Jacqueline Joubert qui lui propose la présentation d’une émission pour enfants, Récré

A2.

Pendant cette période, elle commence à connaître le succès avec ses chansons (elle fait

même L’Olympia en 1981 ! ).

9 ans plus tard, TF1 l’invite à devenir sa directrice de l’unité de programmes jeunesse. Elle

accepte le poste et crée le Club Dorothée.


Ariane

Ariane Carletti est également actrice. Jacqueline Joubert est charmée par son caractère

pétillant. C’est ainsi qu’Ariane rejoint l’équipe de Récré A2 pour remplacer Dorothée, alors

appelée sur le tournage d’un film. Elle devient son amie et la suit sur TF1.


Jacky

Jacky, de son vrai nom Jacques Jakubowicz, quitte aussi Antenne 2 pour TF1. Après avoir

animé des émissions musicales, ce trublion rejoint Dorothée à la présentation du Club

Dorothée. Son Jacky Show en sera l’un des rendez-vous incontournables.


Corbier

Chansonnier de vocation, Alain François Roux se fait appeler Corbier. Lui aussi fait partie de

l’équipe Récré A2, dans laquelle il chante pour faire rire les enfants. Il garde sa guitare pour

suivre Dorothée (et son fameux nez ! ) et devenir co-animateur du Club Do’.


Pat

Connu, entre autres, pour être le premier « speakerin » en France, Patrick Simpson Jones

est aussi journaliste et présentateur de jeux télés. Ami de Dorothée, il intègre l’équipe de

joyeux animateurs dès 1987.



Une équipe bien entourée

Sur scène

Jouant en live chaque mercredi pour accompagner Dorothée, Les Musclés deviennent vite

très populaires. Ils ont d’ailleurs droit à leur propre sitcom.

Les choristes Martine et Francine, ainsi que les danseurs de la troupe Windo’s, assurent

aussi le spectacle dans ce grand show hebdomadaire.

Et si on ne voit jamais Olivier Martial Thieffin, il est pourtant bien présent ! Il est Monsieur

Cadeau, la voix off de l’émission.

Dans les coulisses

Bien sûr, le Club Do’ n’existerait pas sans le duo Jean-Luc Azoulay / Claude Berda. Avec

leur société AB Productions, les 2 hommes créent ce nouveau concept d’émission qui

deviendra un carton !

Jean-Luc Azoulay est partout ! Sous son pseudonyme Jean-François Porry, il écrit des

chansons pour Dorothée, les scénarios des sitcoms qu’ils produisent…

En régie, les manettes du Club Dorothée passent entre les mains de 12 réalisateurs

différents au cours de ces 10 années.

Parmi eux, le plus connu est sans nul doute Pat Le Guen !


En plateau

Destiné aux enfants, le programme s’attache à intégrer des séquences éducatives.

Le Dr Klein vient parler des animaux, Michel Chevalet rend la science plus accessible,

tandis que Gérard Majax étonne avec ses tours de magie.

« On a de la chance, on est tous invités »

Le Club Dorothée, c’est près de 30 heures d’émission par semaine !

Le mercredi, l’équipe enchaîne jusqu’à 6 heures de programmes en direct.

Si le contenu a évolué au fil des années, beaucoup de souvenirs communs sont encore

dans les mémoires.



Les dessins animés

Jem, Jayce, Actarus et les autres...

Au début, TF1 rediffuse des dessins animés rachetés à Antenne 2. Candy et Goldorak

débarquent ensemble sur la première chaîne, accompagnés des Minipouss, du Capitaine

Flam, de Jayce et les conquérants de la lumière…

Elle n’a pas d’autres choix car Silvio Berlusconi, alors patron de La Cinq, a fait main basse

sur toutes les nouveautés de France et d’Europe.


Le virage

Tout change à la rentrée 1988 ! AB Productions profitent des tarifs très accessibles des

dessins animés japonais pour se constituer un stock de programmes originaux.

Ces nouveautés connaissent un succès fulgurant, et contribuent au triomphe du Club Do’

sur ses concurrents !

Les postes de télé sont alors submergés par la « Japanimation ». Dragon Ball, Les

Chevaliers du Zodiaque, Sailor Moon… Voilà les nouveaux chouchous des enfants.

La loi des séries


Pour les petits… et les grands !

Entre les dessins animés se glissent aussi quelques séries américaines que l’on peut

regarder en famille.

Comment résister à l’espièglerie de Punky Brewster, aux facéties de Arnold et Willy ou au

regard exaspéré du papa dans Huit ça suffit ?

Oui, certains parents succombent eux aussi au charme de ces histoires pleines de moralité

et de bons sentiments.


Nouvelles stars

AB Productions amorce une petite révolution dans le paysage audiovisuel avec les

premières sitcoms françaises.

Tout commence en 1991 avec Premiers baisers. Un an plus tard, Hélène et les garçons et

Le miel et les abeilles voient le jour. Et ce n’est que le début… Guillaume Canet, Alice

Taglioni, Alexandra Lamy et quelques autres y ont fait leurs premiers pas !

Un vrai show en live !



Des chanteurs de tous horizons

Certaines vedettes des sitcoms ajoutent une corde à leur arc en se lançant dans la chanson.

Jean-Luc Azoulay leur écrit des paroles assez simples, mais entêtantes. Et ça fonctionne !

Christophe Rippert, Anthony Dupray ou encore Hélène Rollès poussent la chansonnette aux

côtés de Dorothée (qui continue de vendre des millions de disques ! ).

Les amis de la chanteuse sont aussi conviés à la rejoindre pour ces concerts du mercredi.

Carlos, parrain de l’émission, Indra, Benny B, Jeanne Mas… Tous viennent profiter de

l’exposition médiatique offerte par le Club Dorothée.

Ils ne sont pas les seuls ! Des stars internationales comme Ray Charles, Haddaway, Paula

Abdul ou le groupe Wet Wet Wet viennent chanter en France, chez Dorothée !


Des invités prestigieux

Quel est le point commun entre François Mitterrand, Soeur Emmanuelle, Charles Aznavour

et Albert Uderzo ? Ils ont tous accepté l’invitation du Club Dorothée ! Et cette liste n’est pas

exhaustive.

Le 14 décembre 1988, le spationaute Jean-Loup Chrétien participe à l’émission depuis sa

station spatiale. Il communique en triplex avec le plateau de l’émission et la scène de Bercy

sur laquelle Dorothée est en train de chanter. Un exploit pour l’époque !

« Du lundi au dimanche »

Émission de tous les records, le Club Dorothée a eu son lot de détracteurs. Si aujourd’hui on

ne retient que les bons côtés, le vent des critiques a souvent soufflé fort…

La polémique

Dès les premières diffusions, les dessins animés japonais sont dans le collimateur de

journalistes, d’associations de parents et de personnalités politiques. Ils s’unissent

régulièrement face à un contenu qu’ils jugent trop violent ou non adapté au jeune public.

Qu’il s’agisse de Ken le survivant, les Chevaliers du Zodiaque ou encore Dragon Ball Z, le

CSA exige des modifications.

En 1993, représentée en Jeanne d’Arc sur la une de VSD, Dorothée monte au créneau et

répond aux objections dans une longue interview. Le titre du magazine ? « Faut-il brûler

Dorothée ? » !


AB ROAD by Mr Cute

Des chiffres impressionnants

Pendant 10 ans, plus d’un enfant sur 2 regarde le Club Dorothée, diffusé jusqu’à 40h par

semaine pendant les vacances.

L’émission atteint en moyenne 68% de part d’audience, avec un pic à 86% lors d’un prime !

Certes, il n’y avait que 6 ou 7 chaînes. Mais quoi qu’il en soit, ce score pour une émission de

télé reste invaincu à ce jour.


Le 30 août 1997, le Club Dorothée ferme ses portes après une dernière émission. Avec lui,

c’est tout un concept qui disparaît. Ce sont des amis qui nous quittent, laissant derrière eux

un sentiment de vide…

Les enfants de cette époque sont devenus adultes. Pourtant, ils gardent encore en eux un

profond attachement à ce programme qui les a accompagnés toute leur enfance. Comment

l’expliquer ?

La regrettée Ariane a donné la réponse dans une interview pour le site belge DH :

« Parce qu’on a tenu 10 ans. Et 10 ans, dans la vie d’un gamin, c’est énorme ! ».



 
 

Dernière mise à jour : 23 févr. 2021



Quand Margaret Keane a peint ses premiers Big Eyes, les critiques d’art et la presse

n’ont pas été tendres avec elle… Aujourd’hui, ses toiles se vendent entre 12 000 et

185 000 USD. Quand Andy Warhol faisait ses premiers pas, rares étaient ceux qui

avaient foi en lui… Aujourd’hui, le défunt artiste est reconnu comme étant l’une des

figures de proue du pop art. Ceux qui les premiers ont fait confiance à ces artistes

doivent aujourd’hui se frotter les mains.

En 2021, la donne n’est pas bien différente. Bien qu’investir dans des œuvres de

créateurs ayant pignon sur rue reste une valeur sûre, ne négligez pas le travail des

jeunes artistes.

Miser sur le bon artiste est un moyen de renflouer rapidement sa bourse. Vous achetez,

attendez quelques années et revendez à un prix faramineux. Acheter à Pablo avant qu’il

ne devienne Picasso. Vous ne le regretterez pas…


Qu’est-ce qu’un artiste émergent ?

Avant d’aller plus loin, il convient de définir la notion d’artiste émergent. Malgré la

divergence de sources, il est couramment admis qu’il s’agit d’un jeune créateur en début

de carrière, qu’il soit professionnel ou en voie de professionnalisation.

Pour certains centres tels que le Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent, un artiste

émergent ne devrait pas avoir plus de 35 ans, ni 7 ans d’exercice à son compteur.

Cependant, ces paramètres ne font pas l’unanimité au sein de la communauté des

esthètes. N’oubliez pas que Monet n’a réellement commencé à peindre que vers 40 ans

et que Mary Delany a débuté sa carrière d’artiste alors qu’elle était veuve…

Il n’est donc pas question d’acheter des tableaux à un passionné qui expose dans sa

chambre…


investir dans un artiste en début de carrière comporte de nombreux avantages.

L’artiste émergent ne jouit certes pas d’une forte notoriété, mais il se plie en quatre pour

faire connaître son art. Dans son atelier, il peint sans relâche en affinant au maximum

ses coups de pinceaux… Très actif dans la sphère créative de sa région, il participe

fréquemment à des expositions ou à des festivals… Même s’il n’est pas encore connu du

grand public, il n’est pas rare que son travail soit discuté dans les salons de

connaisseurs.


Un artiste émergent est un jeune peintre, sculpteur, sérigraphe, etc. qui travaille

durement pour avoir sa place au soleil. De fait, ne méritent ce titre que ceux qui

remplissent 4 critères :

 * Dédier une grande partie de son temps à son art ;

 * Exposer son travail dans les cercles professionnels ;

 * Interagir régulièrement avec le milieu artistique de sa localité ou de son domaine

d’action ;

 * Se mêler aux autres parties prenantes, lesquelles vont de la conception de

l’œuvre jusqu’à sa rencontre avec le public.

L’artiste sur lequel vous avez craqué remplit ces conditions ? Si tel est le cas, acheter

l’aquarelle qu’il a peint pourrait être une bonne affaire. En effet, investir dans un artiste

en début de carrière comporte de nombreux avantages.


Pourquoi acheter le travail d’un artiste émergent ?

Découvrir de nouveaux talents, même s’il est toujours impressionnant d’avoir un tableau de Jenny Saville dans son salon, ce n’est pas le seul moyen d’impressionner vos convives… À l’écart des projecteurs, des artistes talentueux créent chaque jour des prouesses.

Sous leurs directives, ce qui n’était autrefois que des toiles vierges se muent en des

portes vers des mondes inconnus. Qu’ils manient le fusain, le pinceau ou l’argile, leurs

œuvres sont de vibrants hommages à la beauté de l’existence.

En sortant des sentiers battus, vous serez surpris de la beauté que l’on trouve dans les

allées ombragées… Très loin du tumulte des grandes galeries et des dîners mondains,

des passionnés façonnent le monde à leurs façons. Si en plus, ils travaillent déjà avec

des galeries, c’est la preuve que leur talent n’a pas échappé aux professionnels de l’art.

Épargnés par la pression des médias, les artistes émergents peuvent créer sans

compromis. Pas de risques de se faire descendre en flèche par la presse. Aucune

pression de coller à l’image que l’on se fait d’eux. Libres, ils s’adonnent à leur passion et

n’excusent pas d’être eux.

Acheter le travail d’un artiste émergent, c’est ouvrir une fenêtre donnant sur des univers

méconnus. C’est découvrir un talent mais surtout une histoire qui se raconte sur une

toile.



Bénéficier d’une côte qui va crescendo

Imaginez un instant si, par le plus grand hasard, vous aviez acheté une création de

Takashi Murakami avant que sa sculpture My Lonesome cowboy ne soit vendu à 15,2

millions de dollars… Surfant sur le succès de l’artiste, vous seriez actuellement en

possession d’un bien qui vaut de l’or.

En début de carrière, rares sont les artistes qui vendent leurs œuvres à des tarifs à six

chiffres. Sans se brader, ils ont pleinement conscience que la valeur perçue de leur

travail n’en est pas encore là.


Pour l’esthète, c’est le moment d’acheter une œuvre de qualité exceptionnelle sans pour

autant se ruiner. Par la suite, il n’aura qu’à prendre son mal en patience tout en profitant

de la présence de la création dans son intérieur. Quand l’artiste émergent aura

remporté des prix prestigieux, participé à des événements majeurs et sera sous le feu

des projecteurs, il pourra, s’il le désire, revendre son tableau.

Sceptique ? Les cas des artistes Britanniques Orlanda Broom et Iain Andrews illustrent

parfaitement ce phénomène.


En 2011, acheter un tableau d’Iain Andrews ne vous aurait coûté que 500 dollars. Dix ans

plus tard, ses toiles se vendent à un prix minimal de 6 000 dollars.

Dans la même veine, la valeur des créations de la ravissante Orlanda Broom n’a fait que

grimper au fil du temps. En à peine 5 ans, ses plus grandes toiles ont réussi à se vendre

pour au moins 11 000 dollars. Récemment, elle a été engagée pour réaliser une toile

monumentale qui viendra sublimer le Four Seasons à New York. Savez-vous ce que cela

signifie ? Le prix de ses créations va encore aller crescendo…

En achetant le travail d’un artiste émergent, vous réalisez un investissement sur le futur.

Au fur et à mesure que le temps passe, le prix de votre acquisition ne cesse de prendre

de l’ampleur…


Exiger la délivrance d’un certificat d’authenticité

Surtout, ne laissez pas les émotions vous détourner de l’essentiel ! Au moment où vous

achetez le travail d’un jeune artiste, demandez-lui systématiquement de vous fournir un

certificat d’authenticité. C’est grâce à ce dernier que vous pourrez ensuite le revendre à

un bon prix.

Pour une œuvre d’art, un certificat d’authenticité a valeur de carte d’identité. Sur ce bout

de papier, se trouvent des informations qui permettent de certifier qu’il s’agit bel et bien

d’une création originale. Déclaration, identification et authentification sont ses trois

principales fonctions.

Ne vous laissez pas bercer d’illusions… Ces récits dans lesquels une pièce achetée à la

sauvette se révèle être une œuvre de maître arrivent très rarement. Et encore, il faut

préciser que l’on parle de pièces vieilles de plusieurs siècles, vestiges d’une époque où

les procédures de vérification étaient moins strictes.

Si vous avez acheté chez un artiste émergent, prenez toujours le soin de recevoir un

certificat d’authenticité lors de la transaction. Muni de ce dernier, dans quelques années,

vous pourrez mettre votre tableau ou sculpture aux enchères et en tirer un bon prix.

 
 

Photo du photographe Claude Truong Ngoc


Ses paroles acerbes lui ont fait gagner le surnom de "Gainsbarre". Sur scène, Lucien Ginsburg n’est plus… C’est un homme brisé par la vie, parfois fortement alcoolisé, qui se livre à cœur ouvert.


Était-il provocateur ? À n’en point douter, celui que l’on connaît sous le nom de Serges Gainsbourg aimait bien choquer les personnes prudes. Cependant, malgré ses frasques, cet auteur-compositeur-interprète n’a jamais démérité. Artiste aux multiples talents, il a marqué la scène française en mal comme en bien…


Une venue au monde difficile

Les premières lignes de l’histoire de Serges Gainsbourg s’écrivent en Russie. C’est dans ce pays froid que son père, Joseph Ginsburg, fait la connaissance d’une jeune chanteuse à la voix suave. Après une cour assidue, Brucha Goda Besman lui dit oui et les deux convolent en justes noces le 18 juin 1918.

En 1919, afin d’échapper à la didacture bolchévique, le couple Besman pose ses valises en France, d’abord à Marseille, puis dans la cité capitale. Pour subvenir aux besoins du foyer, Joseph devient pianiste dans un bar tandis que Brucha chante au conservatoire.

Malgré des moments difficiles, la famille nage dans le bonheur. Fous rires et franches rigolades se font fréquemment entendre dans leur logis sis au 35, rue de la Chine.

En 1928, Olga tombe enceinte. Pour la jeune femme, c’est très loin d’être une bonne nouvelle… Se remettant à peine du décès de son fils survenu 6 ans plus tôt, elle doit aussi s’occuper à plein temps de sa fille de deux ans, Jacqueline. Pour l’immigrée russe, hors de question d’avoir d’autres enfants. Malheureusement pour cette dernière, toutes ses tentatives d’avortement seront vaines.

Le 02 avril 1928, elle donne naissance à des faux jumeaux, Liliane et Lucien, lequel deviendra plus tard Serges Gainsbourg. Le 9 juin 1932, toute la famille se voit officiellement attribuer la nationalité française.


Une enfance sous l’étoile de David


Passionné par les arts, son père s’évertue à lui transmettre sa passion. Malheureusement, le sort en décidera autrement… En 1941, le nazisme pousse la famille Ginsburg à se réfugier à Courguenard chez Baptiste et Irma Dumur.

En 1942, les juifs n’ayant plus accès aux métiers artistiques, son père est contraint à s’exiler en zone libre. En 1994, Olga et les enfants finissent par le rejoindre. Pendant la guerre, les fillettes sont placées au sein chez les religieuses du Sacré-Cœur de Limoges tandis que Lucien trouve refuge dans un pensionnat jésuite sous une fausse identité.

Pendant ce laps de temps, la famille Ginsburg se voit retirer sa nationalité française.

Une réadaptation extrêmement difficile

Une fois les armées hitlériennes vaincues, les Ginsburg rentrent à Paris. C’est au 55, avenue Bugeaud que la famille s’installe. Malheureusement, encore une fois, Dame fortune n’est pas du côté de Lucien… Hanté par les souvenirs de la guerre, le jeune homme a bien de la peine à rentrer dans les rangs.

Inscrit au lycée Cordoret, il abandonne les études avant d’avoir obtenu son bac. Amoureux du beau, il apprend les Beaux-Arts à l’académie de Montmarte mais n’ira pas jusqu’au bout. Néanmoins, le 5 mars 1947 sera pour lui un jour radieux… De fait, il rencontrera Élisabeth Levitsky, celle qui deviendra sa première compagne.

En 1948, Lucien Ginsbourg a 20 ans. Comme de rigueur à cette époque, il effectuera son service militaire. Rebelle, il passera plus de temps au trou dans les rangs des troupes. C’est à cette période qu’il apprendra à jouer de la guitare mais surtout, commencera à boire plus que de raison.


Des années jeunesse extrêmement difficiles

Lucien Ginsbourg aura bien de la peine à trouver son chemin… Jusqu’à ses trente ans, il survit de petits boulots et peine à joindre les deux bouts. Surveillant dans des établissements, professeurs d’art, peintre sans succès… Le trentenaire tâtonne encore dans ce monde parfois sans pitié.

En 1952, bien qu’issue d’une famille d’aristocrates, Élisabeth Levitsky accepte d’emménager avec lui dans une chambre à la Schola Cantorum de Paris. Derrière une porte de placard, les deux tourtereaux font une découverte qui va chambouler leur existence : une vue plongeante sur une salle de concert.

Bercé par les mélodies entraînantes du jazz, Lucien Ginsburg va peu à peu à se détourner de la peinture. En 1954, il devient crooner dans des cabarets et des pianos-bar. La même année, il commence à écrire des textes qu’il dépose à la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM) d’abord sous son nom puis une succession de pseudonymes.

Ce n’est qu’en avril 1957 qu’il liera définitivement son destin à l’alias Serges Gainsbourg.


Enfin, la chance sourit…

C’est en assistant à une représentation de Boris Vian que Gainsbourg définit son style. Il n’aura pas sa langue dans la poche et ses textes seront emplis de jeux de mots…

En 1957, poussé par Michèle Arnaud et Francis Claude, il interprète un titre qu’il a lui-même écrit : le poinçonneur de lilas. Séduit par le concept, Jacques Canetti, alors directeur du théâtre des Trois Baudets et directeur artistique chez Phillips, le prend sous son aile. Grâce à lui, il sera présent sur les tournées de Jacques Brel, Guy Béart, Raymond Devos et écrira pour de nombreux artistes.

Ravi de son succès, Serges Gainsbourg prend une décision radicale : détruire toutes ses anciennes toiles au grand dam de sa compagne. Pire encore… Il commence à collectionner les conquêtes féminines, un comportement qui poussera Élisabeth Levitsky à demander le divorce en octobre 1957.

Libre de tout engagement, Serges Gainsbourg peut désormais s’adonner à ses passions sans retenue. En 1958, il produit son premier album Du chant à la une ! qui ne rencontrera pas le succès public escompté. Deux ans plus tard, L'eau à la bouche, une chanson qu’il a été écrite lui assure son premier succès commercial. Ce sera le premier d’une très longue série…

Philippe Clay, Juliette Gréco, Petula Clark… Sa plume magnétique lui permet de travailler avec des artistes d’envergure. Cependant, c’est réellement en collaborant avec Françoise Hardy et France Gall que son talent sera reconnu de tous.


Et voilà Gainsbarre avec ses gros sabots noirs

Dans les années 80, les talents de compositeur de Gainsbourg lui permettent de vivre confortablement. Cependant, les vives critiques dont il est l’objet ont peu à peu raison de lui… Pour fuir ces énergies négatives, l’artiste se réfugie alors dans l’alcool, le tabac et le monde de la nuit.

En 1981, il donne un nom à cette facette de sa personnalité : Gainsbarre. Dans son album Mauvaises nouvelles des étoiles, le chanteur torturé dédie une mélodie entière à son alter ego diabolique. Ecce Hemo est un cri du cœur d’un homme qui se sait prisonnier de ses vices…

Sur les plateaux télé, Gainsbourg apparaît bouffi, mal rasé, des lunettes sur le visage et vêtu de pantalons déchirés. Pour Jane Birkin, l’actrice Française dont il partage la vie depuis dix ans, c’est la goutte de trop. Épuisée par ses frasques, elle finit par le quitter. Dans une interview, elle tiendra des propos alarmants : "j'avais beaucoup aimé Gainsbourg, mais j'avais peur de Gainsbarre".


La même année, Bambou, une mannequin Française de mère vietnamienne, devient la nouvelle muse du chanteur. La même année, il s’envole pour les Bahamas où il enregistre le titre Ecce Homo et cætera, une balade qui raconte la mort de Gainsbourg.

S’il est vrai que Gainsbourg était déjà bien connu du grand public, c’est un geste qu’il posa en 1984 qui resta gravé dans les mémoires. Le 11 mars 1984, alors qu’il est invité à l’émission 7 sur 7, il brûle un billet de 500 francs. Visiblement saoul, il marmonne une phrase incomplète au moment de son acte, prétextant dénoncer le capitaliste.

Encore aujourd’hui, ce moment reste l’un des plus impressionnants de la télévision française.

Déchaîné, Gainsbarre ne s’arrêtera pas là… En avril 1986, enivré au maximum, il déclare en public à Whitney Houston qu’il souhaite la combler de ses ardeurs. Outrée, la chanteuse alors âgée de 22 ans demande au présentateur Michel Drucker s’il est ivre, celui-ci répondra par des propos qui resteront dans les annales : "Non c'est son état normal, alors vous imaginez quand il est ivre !".

En 1989, il inclut une grande partie de ses titres dans le recueil intitulé de De Gainsbourg à Gainsbarre. S’ensuivra un voyage à New York au cours duquel il enregistrera ses deux derniers albums, à savoir Love on the Beat (1984) et You're Under Arrest (1987). En 1990, il écrira les paroles du deuxième album de Vanessa Paradis, lequel se vendra à 400 000 exemplaires en à peine quelques semaines.


Le 2 mars 1991, son cœur lâche, n’en pouvant plus de tous ses excès. Le 7 mars 1991, son corps est mis en terre au cimetière du Montparnasse. Aujourd’hui, sa sépulture est l’une des plus visitées. Un hommage bien mérité pour un artiste tourmenté mais ô combien talentueux.


 
 
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