- 14 avr. 2021
- 4 min de lecture

L’allure altière, le teint noir ébène, le regard franc… Bradley Theodore n’est pas un de ces hommes qui se fond aisément dans la masse. Outre sa silhouette impressionnante, quelque chose chez lui fascine irrémédiablement tous ceux qui croisent sa route. Entouré d’une aura magnétique, le peintre New-Yorkais porte en lui l’âme des Caraïbes qui l’ont vu naître.
Fasciné par l’ambiance folklorique du Dias de los Muertos (le jour des morts), Bradley Theodore leur rend hommage tel qu’il le peut. Cependant, sur chacune de ses toiles, le peintre aux amours multiples fait la part belle à une autre de ses dulcinées : la mode.
Qui est donc cet artiste émergent que Suzy Menkes, la rédactrice en chef de mode international Vogue, décrit comme la rencontre de Banksy et de Basquiat ? Êtes-vous seulement prêt à le découvrir ? Certaines destinations ne comportent pas de billets retour…
Des plages de sable fin au cœur de la pomme

À voir l’aisance avec laquelle Bradley Theodore déambule dans les rues de New-York, il est difficile de croire qu’il ait un jour vécu à ailleurs. Et pourtant… C’est sous les tropiques, plus précisément sur les îles turques-et-caïques que l’artiste sans peur a poussé ses premiers cris.
Désireux de préserver son intimité, c’est toujours avec un sourire aux lèvres qu’il évoque cette partie de son enfance. Peut-être est-ce durant ce laps de temps qu’il a développé la sensibilité à fleur de peau qui le caractérise… Comment ne pas tomber amoureux du beau quand on grandit dans un paysage de carte postale ?
À l’université, Bradley Theodore rejoint les rangs de la School of Visual Arts de New-York. Dès son plus jeune âge, ses parents avaient décelé en lui une étincelle digne des plus grands peintres de la renaissance. Au vu de la carrière qu’il fera ensuite, le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne se sont pas trompés.
Amoureux de la culture mexicaine, il s’est décidé à repeindre les plus grands noms de la mode sous forme de Catrin ou Catrina. Squelettes colorés, ces personnages ont cependant réussi à garder la marque caractéristique de leur auteur.
Son diplôme en poche, c’est dans le secteur technologique qu’il commence à travailler.
Cependant, en dépit de toute sa bonne volonté, le jeune Bradley Theodore n’est pas comblé. Son cœur appelle à l’aide. Il le supplie de quitter cette routine métro-boulot-dodo qui tue son talent. Après moult hésitations, Bradley se décide enfin à l’écouter. Sans regarder derrière, il abandonne tout pour devenir peintre à New-York.
Nourrissant les fantasmes les plus fous, la ville qui ne dort jamais, la grosse pomme comme l’appellent ses amis intimes, lui ouvrit grand les bras. En quelques années, son nom était sur les lèvres de tout le gratin New-yorkais.

À aimer, à détester mais jamais à ignorer
Telle pourrait être la devise de Bradley Theodore. À chaque fois qu’un particulier pose les yeux sur l’un de ses tableaux, il ne peut s’empêcher de se lancer dans des tergiversions politiques. Il faut dire que les peintures à l’huile de l’artiste new-yorkais se détachent aisément du lot…
Aux yeux de Bradley Theodore, l’art et la peinture sont autant de façons de facettes de la personnalité humaine. Flamboyant, classique, sexy… Les tenues que vous portez en disent long sur vous. Il en est de même pour les tableaux qui ornent vos murs. Pourquoi donc ne pas concilier les deux ?

C’est une pratique qui se fait assez couramment. Pensez aux défilés haute-couture ayant lieu dans des musées ou des galeries. Repassez-vous en mémoire les peintres ayant pris pour muse des stylistes et vice versa. Depuis des lustres, mode et art dansent une Kizomba outrageusement sensuelle.
Cependant, Bradley Theodore n’est pas de ceux qui aiment suivre les chemins tout tracés. Amoureux de la culture mexicaine, il s’est décidé à repeindre les plus grands noms de la mode sous forme de Catrin ou Catrina. Squelettes colorés, ces personnages ont cependant réussi à garder la marque caractéristique de leur auteur.
Sur une toile, face à face, une catrina plonge son regard creux dans celui d’un catrin émacié. La frange de l’un et la coupe de l’autre ne laissent pas de doutes. Il s’agit d’un tête-à-tête entre Anna Windour et Karl Lagerfeld.
New York, Tokyo, Milan, Londres… Très vite, Bradley Theodore est invité à présenter son savoir-faire aux quatre coins du monde. S’affichant sans vergogne sur des pans de murs ou cachés dans un musée privé, ses personnages mystérieux intriguent et lui ont attiré un succès amplement mérité.
Entrer de plains pieds dans le panthéon des héros

Séduites par le concept, les marques se bousculent à la porte de Bradley Thedodore. Moët, Rolls Royce et Moleskine en sont quelques exemples.
En 2016, le peintre intrépide a été élu peintre officiel de l’US open. Dans le cadre de cette collaboration prestigieuse, il a conçu 4 peintures murales qui n’ont pas envie de mettre des paillettes dans les yeux des esthètes. La même année, son histoire fait l’objet d’une adaptation cinématographique. "Becoming Bradley Theodore" est une incursion dans la peau d’un jeune homme, d’un frère, d’un visionnaire.
L’année suivante, c’est Google qui fera appel à ses services. Devenu participant au programme Artist in Residence (AiR), il se sert de Tilt Brush pour faire découvrir la peinture sous un nouvel angle.
En 2018, Bradley Theodore collabore avec Puma et créé une collection de baskets et de vêtements qui ont fait le bonheur des fashionistas. L’expérience est un tel succès que la marque fait de nouveau appel à lui en 2019.
Ayant déposé ses valises à Miami, Bradley Theodore continue de travailler sans relâche à rendre le monde plus beau. Qui sait quel coup d’éclat il réalisera d’ici peu…
- 5 avr. 2021
- 4 min de lecture

Impossible de ne pas rester bouche bée en regardant les fresques de Dface. Ce coup de crayon vif quoique délicat… Cette appétence pour le style des comics des années 50… Cet amour de la couleur, très loin de la tendance minimaliste… Et surtout, cette pointe de noirceur que l’on devine derrière ces couleurs arc-en-ciel.
Comment fait donc Dface pour réinventer un style que l’on pensait connaître sur le bout des doigts ?
Artiste avant-gardiste, le créateur n’est pas du genre à renier ses racines. Il avoue lui-même : ayant bercé dans les dessins de Roy Liechtenstein et les revues d’Henry Chalfant, il a peu à peu marché dans leurs pas.
Même si son nom ne vous dit rien, vous avez sans doute déjà croisé l’une des œuvres de Dface. Avez-vous adoré la pochette de l’album Bionic de Christina Aguilera ? Fidèle collectionneuse des œuvres de Dface, elle a fait appel à lui pour se réinventer. Avez-vous déjà croisé le regard impudent de la jeune femme recouvrant l’une des tours du 155 boulevard Vincent Auriol ? Encore une autre création de Dface.
Avant la fin de cet article, vous réaliserez que les dessins du Britannique sont bien plus présents que vous ne le croyez…

Dface : un artiste de rue assez discret
On sait peu de choses sur celui qui se cache derrière Dface. D’un naturel discret, le talentueux dessinateur préfère rester loin des caméras, des appareils et des tapis rouges. Même sa date de naissance ne figure pas sur sa page Wikipédia, laquelle est par ailleurs peu fournie.
Eh oui, Dface est un expert au jeu du chat et de la souris…
Cependant, en dépit de tous ses efforts, quelques détails ont fini par fuiter. Premièrement, son nom de naissance est Dean Stockton. C’est en 1973 qu’il pousse son premier cri dans la cité brumeuse de Londres, ville qui n’a jamais perdu son affection.
Adolescent, Dface nourrissait le rêve de s’installer aux États-Unis. Déambuler les rues sur un skateboard au milieu de graffitis était sa vision de l’Éden.

À défaut de lui offrir un billet d’avion aller pour le pays de l’oncle Sam, sa mère lui fit cadeau d’un abonnement aux magazines Subway Art et Spraycan Art de l’Américain Henry Chalfant. Fourmillant de centaines de photos de graffitis new-yorkais, ces magazines font nourrir la passion du jeune Dean.
Friand de culture américaine, il pratique le skateboard quand il est adolescent et raffole du look punk. Une fois à l’université, c’est tout naturellement qu’il s’orientera vers des études d’illustration et de design. Brillant étudiant, il se lance dans la vie active à peine sorti de l’université. Cependant, le jeune Dean Stockton n’a pas l’intention de se contenter de la routine métro-boulot-dodo…
L’intégralité des bénéfices de cette vente ont été versées à la fondation Missing Tom, une organisation caritative créée 10 ans plus tôt lors de la disparition de son frère.
Dface : l’homme aux deux visages
À l’instar de Superman, le jouvenceau a deux visages que tous ne connaissaient pas. En journée, il est Dean Stockton, un illustrateur indépendant toujours tiré à quatre épingles. Mais une fois la nuit tombée, l’homme laisse tomber le masque… Il devient Dface, un artiste de rue dont les stickers colorés recouvrent les rues de Londres.
Versatile, il se sert aussi de la peinture en spray, de pochoirs, de posters que d’autocollants. Entre les mains de Dean Stockton Dface, de simples objets du quotidien se muent en véritables œuvres d’art.
Même si sa patte graphique évoque les comics des années 50, Dface se différencie par le look de ses personnages. Ici, pas de superhéros glorieux ou de pinups aux courbes ravageuses. Les protagonistes sont dysfonctionnels, étranges, bizarres.
Une version squelettique de Captain America… Une femme plantureuse qui danse une valve sensuelle avec un zombie en putréfaction… La reine Élisabeth II posant fièrement avec un anneau dans le nez… Créateur d’un style qu’il décrit comme aPOPcalyptic, Dface a un côté subversif qui fait les choux gras de la presse.
Très vite, son style unique attire les collectionneurs, les esthètes et lui vaut plusieurs succès.

Dface : à la rencontre du succès
Amoureux du beau, Dface fera l’acquisition de l’Outside Institute, la première galerie de Londres à se concentrer uniquement sur l’art de rue. En 2005, cette dernière sera remise au goût du jour et deviendra la Stolen Space Gallery.
C’est dans cet espace qu’il organisera sa première exposition personnelle en 2006. Baptisée Death & Glory, elle rencontrera un franc succès. Par la suite, il enchaînera avec Eyecons (galerie O Contemporary, mars 2007) laquelle se déroulera à guichets fermés.
Alors même que ses œuvres se vendent à plusieurs milliers de livres sterling chez Christies, Sothebys et Bonhams, Dface n’en oublie pas ses racines. Voyageur itinérant dans l’âme, il n’a de cesse de laisser son empreinte dans les rues de Londres ou d’ailleurs. Ouvrez grand les yeux. Peut-être apercevrez-vous l’un de ses dessins au détour d’une ruelle…
Pour l’artiste aux multiples talents, aucun défi n’est trop grand. En 2010, il réalise la pochette de l’album Bionic de la chanteuse pop Américaine Christina Aguilera. Entre 2015 et 2018, il redonne leurs lettres de noblesse à deux immeubles parisiens situés respectivement à la place Pinel et au 155 boulevard Vincent Auriol.
En 2013, à l’occasion de l’exposition Art Wars, il transforme un casque de storm trooper en œuvre d’art. L’intégralité des bénéfices de cette vente ont été versées à la fondation Missing Tom, une organisation caritative créée 10 ans plus tôt lors de la disparition de son frère.
En 2016, il dessine la pochette de l’album Blink-182 California avant de disparaître de la scène publique.
Quand ce maître de l’évasion se décidera-t-il à apparaître de nouveau ?
- 3 avr. 2021
- 1 min de lecture
La philosophie de MR CUTE s'affiche sur les murs parisiens : STOP WAITING FOR FRIDAY , vivre maintenant avant le GAME OVER ! (Quartier Montparnasse, côté 14ème arrondissement de Paris)






