L'urgence de vivre


Si, sans crier gare, votre cœur s’arrêtait de battre, que ressentiriez-vous ? Sur le plan purement physique, le silence de votre muscle cardiaque engendrerait des douleurs atroces. Sensation d’écrasement tout le long du thorax… Difficultés à reprendre son souffle… Impression d’étouffement… Chaque seconde qui vous sépare de la grande faucheuse vaut son pesant d’or.

À l’échelle biologique, le déroulé des derniers instants de l’Homme est bien connu. Aujourd’hui, il n’est pas question de ça.


Si votre cœur s’arrêtait immédiatement de battre, seriez-vous heureux de votre vécu ?

Embrasserez le dieu Thanatos avec entrain ou seriez-vous empli de regrets ? C’est face au Styx que l’on réalise généralement un bilan honnête de sa vie.

Nombreuses sont les personnes qui déambulent au milieu des vivants sans en faire partie. Telles des âmes en peine, elles se traînent d’un bout à l’autre de la vie en attendant qu’Atropos mette un terme à leur supplice.

Nul besoin d’avoir des talents de devin pour les apercevoir. Cette serveuse au regard vide qui sert des sandwichs tel un robot… Cet employé de bureau, devenu esclave de la machine capitaliste, qui attend désespérément les vendredis… Ou alors, cette mère au foyer qui a fait taire ses aspirations personnelles face au diktat de la société…

Eh oui, vivre, c’est plus que posséder une fréquence cardiaque oscillant entre 55 et 85 battements par minute.


Regarder au-delà des battements de son cœur

Posez votre main sur la partie gauche de votre thorax. Sous votre paume, votre cœur bat à un rythme lent, serein, régulier. Mais ce n’est pas tout… Si vous fermez les yeux et faites le vide dans votre esprit, vous l’entendrez alors vous parler.

Quand vous étiez enfant, votre cœur et vous entreteniez une relation fusionnelle. Pendant de longues heures, vous débattiez du futur, de géopolitique et rêviez de refaire le monde. Et puis, les choses ont changé… Ou plutôt, VOUS avez changé. Vous êtes devenu grand. Vous avez cessé de vous livrer à tous ces enfantillages. Vous êtes devenu un adulte responsable.

Jour après jour, vous avez intimé à votre cœur de se taire. Jour après jour, vous l’avez bâillonné à chaque fois qu’il essayait de communiquer avec vous. Jour après jour, vous l’avez réduit au silence.



Heureusement, le cœur n’est pas un muscle qui se laisse battre si facilement. De voix tonitruante, sa phonation est devenue un murmure délicat. Malgré tous vos efforts, il n’a de cesse de vous parler. Seulement voilà… Vous vous obstinez à faire la sourde oreille.

Dans le roman L’alchimiste, le maître du fougueux Santiago lui fait part d’un secret inestimable : "Personne ne peut fuir son cœur. C’est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu’il dit". Ne pesant qu’environ 300 g, le cœur est plus qu’un organe, c’est un ami fidèle qui ne veut que votre bien. Pourquoi avez-vous cessé de l’écouter ?

Vivre, c’est bien plus qu’exister. C’est décider du fil conducteur qui régira son existence. C’est prendre des décisions fermes, qui vous rapprochent de votre idéal de bonheur, quitte à faire le deuil de certains éléments.


"Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une". Lao Tseu

Soyez honnête envers vous-même… Quand vous vous levez le matin, êtes-vous heureux ? Avez-vous le sourire jusqu’aux lèvres ou êtes-vous sur le point de craquer ? Pire encore… Il se peut que vous soyez résigné et êtes totalement insensible à votre avenir. Comme une coquille vide, vous effectuez des tâches routinières sans ressentir ni joie, ni peine.

Sur le papier, ces propos peuvent sembler alarmistes et pourtant, il n’en est rien. Ouvrez grand les yeux et vous réaliserez que votre environnement est envahi de morts. Peut-être même êtes-vous l’un de ceux-là…

Ces mariages réalisés pour entrer dans un moule… Ces hommes et femmes qui ont choisi des carrières qu’ils détestent au plus haut point… Ces êtres humains qui se laissent balloter par les événements en se disant que "c’est la vie, et puis tant pis".

Être vivant tout en naviguant dans les fleuves de l’au-delà est bien plus simple qu’il n’y paraît. Il suffit d’abandonner ses rêves, de faire une croix sur son bonheur ou encore de vivre par procuration.


Je suis car il est

Telle pourrait être la devise de ceux qui vivent par procuration. Toute leur existence gravite autour de celle d’un autre être humain.

N’avez-vous jamais entendu des personnes qui se présentent uniquement comme "le fils de…", "la femme de…", "le frère de…" ? Dépourvus d’identités propres, ils n’ont d’autre choix que de se greffer à celle d’une personne de l’entourage.

Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, le phénomène se pare désormais d’un visage numérique teinté de faux glamour. Influenceur qui ne vit que pour plaire à ses abonnés, créateur de contenus qui recherchent des likes, des likes, toujours plus de likes…

Malgré les sourires de façades, vivre par procuration n’est pas source de bonheur. Coupées du monde, ces personnes ont peu à peu effacé leurs personnalités pour rentrer dans un moule. Pensez-vous qu’elles soient vraiment heureuses ? Quand la lune pointe le bout de son nez et que les convives ne sont plus là, leur masque tombe pour révéler le désarroi qui les anime…

Vivre par procuration, ce n’est pas vivre. C’est sacrifier sa nature, se renier dans l’espoir que l’autre nous appréciera ou nous façonnera à son image. Pour sortir de ce mauvais pas, la personne doit s’éveiller et se mettre à la recherche de son ikigai.



Oser briller tel une étoile

Sur l’île d’Okinawa, il n’est pas rare de voir des centenaires en parfaite santé boire du thé matcha sur les terrasses des minka. Dotée de l’espérance de vie la plus longue au monde, la population de cet îlot a longtemps gardé jalousement son secret. Heureusement, au fil du temps, les langues ont commencé à se délier.

Depuis des millénaires, ce peuple pratique une philosophie aujourd’hui mondialement connue : l’ikigai. Contraction des termes "iki" signifiant vie ou vivre et "kai" représentant la valeur, l’ikigai permet de trouver sa raison d’être.

Une fois votre ikigai trouvé, le monde prendra une toute autre saveur. Vous cesserez de –juste- vivre et commencerez à croquer l’existence à pleines dents. Chaque soir, quand vous fermerez les yeux pour rejoindre Morphée, vous aurez la sensation d’avoir fait un pas de plus dans la bonne direction.

Il est difficile de décrire la puissance d’un ikigai avec les mots… C’est une force motrice qui vous permet de persévérer même dans l’adversité, de faire fi des opinions négatives et d’être heureux, tout simplement.


À la croisée de ce que vous aimez, ce en quoi vous êtes doué, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi vous êtes payé, l’ikigai vous permet de vous retrouver. C’est comme si tout d’un coup, vous redonniez la parole à votre cœur… C’est comme si votre corps s’emplissait d’une énergie chaleureuse et très puissante.

Arrêtez tout. Là. Maintenant. Arrêtez tout. Si vous avez des feuilles en main ou que la télévision hurle en arrière-fond, stoppez tout. Il est temps de faire une mise au point.

Jusqu’à présent, comment avez-vous vécu votre existence ? Dans 3 ans, comment voyez-vous votre vie ? Et dans 5 ? 10 ans ? Mais surtout, quand avez-vous ressenti un bonheur immense pour la dernière fois ?

Parce qu’il n’est pas facile de se regarder dans une glace, voici 5 questions auxquelles vous devez répondre de façon honnête :

Quand vous étiez plus jeune, quelle activité vous accaparait tellement que vous ne voyiez pas le temps passer ?


Quel souvenir associez-vous au mot "bonheur" ?

Si vous deviez décrire un quotidien de rêve, comment se présenterait-il ?

Quelle est votre plus grande fierté dans la vie ?

Quel est votre plus grand regret ? Quelle est cette chose que vous auriez voulu faire mais à laquelle vous avez renoncé ?

Prenez le temps de répondre à ces questions. Surtout, ne le faites pas à la va-vite. Ce n’est qu’en réalisant une introspection profonde que vous pourrez trouver votre voie. Pas celle de vos parents. Pas celle de votre conjoint. Pas celle qui a réussi à vos amis. Celle qui vous sied à vous et uniquement à vous.

Le sage Chinois Lao Tseu a très sagement dit : "Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une".

Pourquoi laisser la routine métro-boulot-dodo faire de vous un automate sans âme ? Pourquoi laisser les autres vous dicter chacun de vos actes ? Le jour où la grande faucheuse viendra vous chercher, que souhaitez-vous emporter avec vous : des regrets ou des souvenirs heureux ? Répondez et agissez en conséquences… Pour le duo d’artistes plasticiens de Mr Cute, un diagnostic malheureux a été le coup de fouet dont ils avaient besoin.


L’urgence de vivre avant le game over

Rien n’aurait laissé penser au duo de frères qu’ils plaqueraient tout pour vivre de leur passion… Il y’a encore quelques mois, ils menaient des vies de quarantenaires somme toute banales.

En semaine, ils suivaient à la lettre la routine métro-boulot-dodo. Les weekends, ils visitaient des proches ou passaient du temps avec leurs amis. Une fois les vacances d’été arrivées, ils quittaient la métropole à la recherche du soleil.

Rien, absolument rien ne laissait deviner qu’ils quitteraient tout pour devenir des artistes turbulents… Et puis un jour, lors d’une visite médicale de routine, l’un des deux a appris qu’il était atteint d’une maladie orpheline. À cet instant précis, la fratrie a réalisé à quel point l’existence humaine était fragile… En 4 décennies passées sur terre, qu’avaient-ils fait de leurs vies ? Dos au mur, ils prirent une décision qui changea tout : "vivre pleinement et sans regrets".

Sans perdre une minute de plus, les deux frères se résolurent à vivre corps et âme pour leur passion : l’art. Hors de question pour eux d’attendre que sonne le glas de la retraite pour laisser parler leurs âmes d’artistes. En créant Mr Cute, les artistes plasticiens entendent réaliser leurs rêves d’enfants.

N’oubliez pas les propos de Lao Tseu : "Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une". L’état de santé d’un des frères a été le déclencheur de leur quête du bonheur. Ce jour, ils ont pris conscience de l’urgence de vivre, de savourer chaque instant qui passe avant qu’il ne soit trop tard.

Et vous qui lisez ces lignes, où en êtes-vous ? Êtes-vous épanoui ou comptez-vous les jours en attendant les vacances ou le weekend ? Stop waiting for Friday! C’est maintenant que tout se joue…





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